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Candide

Théâtre

Novembre 2021

Distribution

Mise en scène : Julien Duval

Avec : Zoé Gauchet, Félix Lefèbvre, Vanessa Koutseff, Odille Lauria, Franck Manzoni, Carlos Martins, et Thierry Otin

Composition musicale et chant : Kat May

Scénographie : Olivier Thomas

Lumières : Anna Tubiana

Costumes : Aude Désigaux

Son : Madame Miniature

Stagiaire assistante : Julia Roger

Travail corporel : Elsa Moulineau

Régie générale : Denis Vernet

Régie son : Samuel Poumeyrol
Production : Le Syndicat d’Initiative, Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine

Coproduction : Office Artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine, Le Bateau Feu scène nationale de Dunkerque, Le Parvis scène nationale Tarbes Pyrénées, L’Odyssée scène conventionnée de Périgueux, La Coupe d’Or scène conventionnée de Rochefort, Théâtre Ducourneau scène conventionnée d’Agen, Le Gallia Théâtre scène conventionnée d’intérêt national Art et Création de Saintes

« Eh bien ! mon cher Pangloss, quand vous avez été pendu, disséqué, roué de coups, et que vous avez ramé aux galères, avez-vous toujours pensé que tout allait le mieux du monde ? »

Voltaire comme un stimulant

La lecture de Candide est extrêmement exaltante, jubilatoire. Cela tient à l’humour mordant de Voltaire et au brio avec lequel
il manie l’ironie et l’absurde, associés à une exigence intellectuelle puissamment stimulante. Voltaire veut croire au triomphe de la raison et au progrès intellectuel. Ennemi du dogme, il nous aide à penser par nous- même, il nous pousse à la fois au doute et à la lucidité, et fait en quelque sorte le pari que l’intelligence triomphera de l’obscurantisme. Si les Lumières ont profondément et durablement fait progresser notre société grâce aux sciences et à la philosophie, si elles ont permis une émancipation des esprits à l’égard des religions, si Voltaire s’est ardemment opposé à toutes les persécutions et les injustices, é l’intolérance, à l’évangélisation, à l’esclavage, à la torture, à la colonisation, à la peine de mort (à une époque, rappelons-le, étrangère à la notion de droits de l’homme), et si notre héritage politique, culturel, social, sociétal, doit tant au siècle des Lumières, il n’en demeure pas moins impératif et nécessaire à mes yeux de revendiquer aujourd’hui encore haut et fort cet héritage laïc, rationnel et tolérant.

Candide n’est pas un nigaud

Candide est un être vierge qui découvre le monde sous nos yeux, tel un enfant sauvage ou un extra- terrestre qui débarquerait.
Et quels chocs il doit encaisser ! Candide nous révèle l’absurdité humaine. C’est un personnage magnifique, ultra-sensible, révolté parfois; un jeune homme en lutte avec la réalité de la violence du monde, et qui, face à la désillusion, ne voudra jamais céder au désespoir ni au cynisme. C’est ce qui le rend beau, et ce que je veux défendre : notre société est en proie à une multitude de crises (environnementale, économique, sociétale...), et si la gravité de la situation nous oblige à la lucidité, elle nous interdit, me semble-t-il, le pessimisme.

L’optimisme du désespoir

L’optimisme de Candide est un acte de foi (auto-da-fé), qui nous sert de guide dans nos choix artistiques : défendre une comédie par exemple, qui est à mes yeux une forme exigeante et noble, ou encore orienter le travail dans un sens choral qui transpire le collectif, et non pas l’individuel. Le génie de Voltaire tient au fait que l’histoire qu’il nous conte est un enchaînement ininterrompu d’horreurs plus abominables les unes que les autres, et que malgré cela elle est désopilante.

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